Mon premier contact avec la gamme X de Fujifilm s’est fait lors de la sortie du X100. Cet appareil s’est fait remarquer par son look très rétro et ses qualités tout de suite très appréciées des photographes et des passionnés. Fuji avait déjà fait une sortie de produit plus qu’étonnante en 2009, avec un appareil argentique moyen format : le Fuji GF 670 et il y a environ un an le  GF 670 W (Voigtlander Bessa III 667 sous nos latitudes).

On ne peut pas dire que Fuji ait la même philosophie de la photographie que les autres grandes marques, et je crois que c’est pour notre plus grand bonheur qu’il sort du lot avec sa gamme X.

Fuji récidive dans la catégorie hybride, avec le X-E1 qui reprend la plupart des composant de sont grand frère, le X-PRO1, dans un boitier un peu plus compact.

Comme pour les autres tests, j’essaierais d’être le plus objectif possible et de mettre le doigt sur ce qui me semble le plus pertinent. J’essaierais, du mieux que je peux, de vous donner mes impressions lors de son utilisation sur le terrain.

Spécificités :

  • Monture X avec un faible tirage, ce qui permet grâce à un adaptateur de monter des objectifs de monture M (Leica).
  • Viseur électronique  100 % de 2,36 millions de points.
  • Capteur APS-C 16,3 millions de pixels. Avec la technologie X-trans.
  • Une sensibilité ISO de 200 à 6400. (étendue de 100 à 25600 en jpeg).
  • Un mode vidéo (1080P et 720P à 24 ips).

Design :

Vous en jugerez par vous-même, mais je trouve le design très réussi et dans un format plutôt compact. Mêlant métal et simili cuir, Fuji nous donne l’impression d’un vieil appareil. Fuji a poussé jusqu’au bout sa démarche en insérant un pas de vis sur le déclencheur pour en y installer un souple. On retrouve aussi ce genre de détails «rétro » sur les objectifs avec une bague à l’ancienne, très pratique, qui permet de régler le diaphragme. Le X-E1 et les objectifs sont d’une construction métal d’une très belle finition.

 

Prise en main et ergonomie :

Plutôt bien pensé, tout tombe sous la main, notamment le bouton on/off, qui se situe au même niveau que le déclencheur, c’est très pratique et rapide.

Pas de bouton parasite, les principaux réglages se font sans avoir à ôter l’œil du viseur et ça, c’est très agréable.

La touche fonction située à côté du déclencheur est très pratique et accessible très rapidement. Il est possible d’y paramétrer tout un tas de fonctions (ex : mode vidéo, iso, noir et blanc, RAW, simulation de film, et j’en passe)

Le réglage du diaphragme se fait, quant à lui, directement sur l’objectif : rapide et pratique.

Petite note décevante sur la bague de mise au point des objectifs qui n’est pas mécanique. Pas très agréable à utiliser et très lente, il est impossible de faire une MAP manuelle rapide, c’est dommage.

Le viseur électronique est superbe, la visée est claire. Très pratique dans des ambiances sombres, contrairement à une visée optique type réflexe ou télémètre. Il est possible de paramétrer sa mise en route en approchant simplement l’œil du viseur. Il faut noter cependant que le rafraichissement du viseur est plutôt lent. De plus, le retour à la visée après une photo se fait désirer et c’est très irritant quand on veut shooter 2-3 photos à la suite.

L’interface du menu est en cascade et n’est pas des plus pratiques, mais l’on ne s’y promène guère car la touche « Q » nous propose un menu rapide avec tous les réglages les plus courants.

 

Performances et qualité d’images :

Passons aux choses sérieuses. J’ai été surpris par les images sorties de ce boitier. Je suis habitué à mon 5d2 et peu regardant sur le bruit dans les hautes sensibilités, mais là je dois dire que c’est du beau boulot, probablement grâce au capteur X-trans, Fuji a réussi à me séduire. C’est sans doute les plus beaux et les meilleurs JPEG que j’ai vus sortis directement d’un appareil ; notamment en hautes sensibilités. À titre de comparaison, les JPEG de mon Panasonic GX1, que j’adore, sont quasi inexploitables et à partir de 800 iso,  il ne faut même pas y penser.

On retrouve dans le traitement des JPEG des modes comme la simulation de film Fuji, bien moins agressif que les modes créatifs proposés chez la concurrence ; je vous rassure, on est bien loin du monde d’Instagram, les rendus sont très beaux, naturels et exploitables tel quel.

La dynamique du capteur est elle aussi remarquable, on peut régler cette plage de dynamique au prix d’une augmentation de la plage iso. Sans dégradation de l’image et sans rentrer dans le HDR, le résultat est encore une fois très bon.

Ce capteur X-trans semble faire des miracles, mais sans les optiques il n’irait pas bien loin. Fuji propose à ce jour 5 objectifs :

  • 35 mm f/1,4 de toute beauté, très bon piqué, un peu mou dans les coins à f/1,4.
  • 18 mm f/2 compact et discret.
  • 60 mm f/2,4 macro.
  • 18-55mm f/2,8-4 stabilisé, rapide et silencieux. À ouvertures égales, il m’a semblé plus performant que le 18mm f/2.
  • 14 mm f/2,8.

Habitué à utiliser des focales fixes, j’ai adoré utiliser le 35 mm. Il est de très bonne qualité et pique dés f/1,4. Cependant, j’ai trouvé la réactivité de l’autofocus décevante surtout en intérieur et dans des conditions pourtant pas particulièrement difficiles ; à côté mon GX1 est une fusée. J’ai un peu moins ressenti ça avec le 18-55mm, mais dans l’ensemble c’est décevant au regard de la concurrence. Il est arrivé qu’il déclenche sans avoir le point voire qu’il ne trouve jamais le point et ce, même après la mise à jour firmware du mois de janvier 2013.

En ce qui concerne le 18-55mm du kit, il est tout bonnement super : probablement le meilleur 18-55mm. Son ouverture lumineuse est très appréciable et le piqué est présent à toutes les focales et à pleine ouverture. La finition en métal est parfaite. On est bien loin des 18-55 en plastique de la concurrence. Le stabilisateur est très efficace. J’ai beaucoup aimé cette optique que j’ai trouvée meilleure que le 18 mm f/2.

Conclusion :

Fuji enfonce le clou avec ce X-E1 et montre son envie de faire de beaux produits, mais aussi de bons produits. L’ergonomie est proche de la perfection, les images délivrées sont excellentes grâce aussi aux optiques de qualité. On frôle le sans-faute avec cet appareil. J’ai quelquefois pesté sur l’autofocus, mais ça ne m’a pas empêché de réussir mes photos. Fan inconditionnel du RAW, je n’ai jamais autant pris de photos en JPEG et il me semble que c’est le vrai point fort de cet appareil.

Des points à améliorer ? Je n’en vois pas. L’évolution du x100s présage que du bon pour les nouveaux modèles : pourquoi ne pas rêver du fameux stigmomètre électronique (Digital Split Image focus) avec un objectif manuel en monture M ?

Déjà possesseur d’un hybride (Panasonic GX1), je suis agréablement surpris par cet appareil, de la catégorie Hybride lui aussi, et j’ai vraiment pris du plaisir à faire des photos avec, et ça, c’est énorme !

Maintenant, le prix  de 1200 € en kit avec le 18-55 est-il justifié quand on sait que l’on peut avoir un reflex entré de gamme aux alentours de 750 € ? À mon sens, la réponse est oui. Même si le ticket d’entrée est un peu élevé, la qualité de fabrication est au rendez-vous et je crois qu’il est impossible d’être déçu par cet appareil.

D’une part, il sera peut être plus convoité par les possesseurs de reflex entré de gamme souhaitant évoluer sans avoir de matériel plus imposant. D’autre part, les possesseurs d’optiques en monture M qui souhaitent passer au numérique sans se ruiner à acheter un Leica pourraient également s’y intéresser.

Je trouve que Fuji ici propose une alternative, réellement intéressante, à la gamme Nex de Sony. Par ailleurs, Fuji propose également un début de parc d’objectif en monture X bien plus cohérent et de bien meilleure qualité que son (ses) concurrent(s).

Fuji semble s’être orienté vers la photographie et les photographes quand les autres fabriquent des produits de consommation qui s’inscrivent dans une tendance plus que dans un besoin.

Je remercie Fujifilm France pour m’avoir prêté ce magnifique X-E1.

La Note MoBu
Les plus:

  • -Le look.
  • -La qualité des images en JPEG.
  • -Finition exemplaire.
  • -L‘ergonomie.
  • -La qualité des optiques.
Les Moins:

  • -L’autofocus un peu lent
  • -La lenteur de rafraichissement du viseur électronique.
  • -a mise au point manuelle électronique pas très agréable et lente.

Le X-E1 en images

 

 

 

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4 Responses to Test du Fuji X-E1

  1. Lineson dit :

    Pour moi le plus abouti des Fuji X , parfait pour ce qu’il est prévu , un AF pas très rapide mais efficace dans 99% des cas et image avec une superbe dynamique , le capteur xtrans v1 a été poussé à son max plus mature ce n’est pas le cas du Xtrans 2 ?

  2. Jean dit :

    Il n’y a pas de différence (du point de vu image) entre ces capteurs. Les modifications ont été faites sur l’AF

  3. Lineson dit :

    Des tests effectués avec mes deux appareils et aussi en laboratoire à la fnac démontrent un respect des couleurs et des textures légèrement supérieurs avec un X Pro 1 et XE1 et ça ce n’est pas discutable , sur les portraits pour moi c’est indéniable pour la couleur surtout en mode standard et fichier brut capteur en JPEG sans aune retouche , le XT1 est quand même très bon , en poussant les isos les ingénieurs à mon avis ont trop lissés la texture , j ‘ai mis la réduction du bruit à – 2 su le XT1 , donc une mise à jour du firmware pourra sans aucun doute améliorer ce détails ! , j’en ai déjà fait part à fuji , je ne sais pas s’il ont rectifié le tir , avec les nouveaux c’est un peu mieux mais toujours en deça des X-TRANS 1 voir dernier test de la FNAC pour XT1 et XE2 vs XPRO 1 , dommage, il n’ont pas retesté le XE1 qui lui était parfait au niveau couleur et texture !

  4. Jean dit :

    Les jpeg des fuji sont indéniablement les plus beau que je connaissent ; ceci dit, cela reste très difficile de juger la qualité d’un capteur sur des images compressées. Pour ma défense j’ai trop peux d’expérience avec les premier xtrans pour réellement juger leurs différence.

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